culture

Le drame a-t-il perdu de sa valeur face à la frénésie des tendances et des influenceurs ?

oussama

Le drame algérien connaît depuis des années un chemin chancelant. Après des années d’indépendance, d’importantes œuvres artistiques ont été produites, avec des textes précieux et surtout des acteurs qui incarnent l’art dans toutes ses significations. À cette époque, le théâtre était un immense réservoir de talents et une voie sûre pour tenter d’accéder à la télévision.

De là, nous avons vu les noms dont tous les Algériens se souviennent, comme Ahmed Ben Aissa, Sayed Ahmed Agoumi, Chafia Boudraa, Bayouna, Boualem Bennani, Sonia, Sayed Ali Koueirat, Omar Kunduz et bien d’autres. Ceux-ci représentent une étape importante de l’art algérien, car ils ont présenté des œuvres et des rôles importants dont on se souvient encore aujourd’hui, que ce soit au cinéma ou au théâtre.

Aujourd’hui, ce théâtre n’est plus le réservoir principal de la télévision en particulier, car selon la tradition que nous avons depuis longtemps, le mois de Ramadan vient et porte presque toutes les œuvres possibles de la saison, et on y aperçoit des œuvres banales, démontées du scénario à la composition artistique en passant par le sujet et le langage. Cela apparaît comme une sorte de tuerie de la créativité, dans la mesure où la majorité des œuvres semblent être purement commerciales, sans même considérer l’art comme un élément de base. Nous avons plutôt vu des œuvres produites pour des millions de dinars alors qu’il leur manque de nombreux fondamentaux dans leur formation et leur production, outre l’impasse des textes, qui semblent être devenus un modèle unique recyclé chaque année.

Les œuvres photographiées ne donnent pas de crédibilité à tous égards, car le problème de la langue se pose toujours comme un obstacle majeur à la réception normale, puisque deux langues peuvent être distinguées ; La première est celle parlée par les Algériens dans la famille ou dans la rue, et une autre langue présentée par le travail télévisuel, et nous la trouverons en train d’essayer de suivre la langue première, mais elle ne peut pas, car elle semble toujours étrangère et n’a pas cette spontanéité qui distingue la langue des Algériens ordinaires, de sorte que dans plusieurs œuvres nous verrons comment les acteurs sont incapables de contrôler la langue et leur confusion apparaît à travers ce qu’ils parlent. Cette impasse deviendra plus évidente au fil des épisodes et tient principalement à l’absence dans le scénario du langage comme réservoir cognitif de l’œuvre. C’est pourquoi le travail sur le langage doit être la tâche la plus importante qui incombe au scénariste et à l’auteur, en plus de leur responsabilité dans l’écriture des dialogues et des discours artistiques.

Ainsi, la crise des dialogues soulève également une question fondamentale. Ils sont vides. Presque aucune série n’atteint un discours artistique et culturel complexe ou fédérateur, si l’on exclut certaines œuvres qui ont choisi d’être uniques en brisant les stéréotypes. Techniquement, la matière du dialogue doit être saturée de certains savoirs selon ce qu’impose le contexte. Même les cercles simples ou incultes ont un certain discours cognitif qu’il faut connaître, et ici on peut comprendre la profondeur de l’écart dans la perception de ces discours, car avec cela nous serons confrontés à une pauvreté de connaissances. Le milieu. Cette crise se propage dans divers autres cercles, on n’y voit donc pas de discours représentant un groupe social, mais seulement des paragraphes répétés par l’acteur.

À cela s’ajoute la question des acteurs qui n’ont aucun lien avec la réalité de l’art. Comment peut-on pousser des gens ordinaires ou des soi-disant influenceurs vers cette profession alors que ceux qui sont diplômés d’instituts nationaux et internationaux en sont exclus ? Nous sommes au milieu d’un chaos complet dans ce domaine, car l’idée de « tendance » est ce qui en est venu à contrôler les choix des acteurs et actrices et même la nature des textes travaillés. Ainsi, même si l’on exclut toujours certaines œuvres qui ont pu présenter une image esthétique au cours des dernières années, elles sont peu nombreuses par rapport à toutes les autres productions. Il y a quelques jours, l’acteur Youssef Sahiri écrivait sur sa page Facebook une déclaration malheureuse qui soulève des questions sur la réalité de ce qui se passe dans le milieu : « Le métier d’acteur est-il devenu l’attrait de tous ceux qui veulent apparaître à l’écran ? Et il est moins important pour vous de créer du contenu à partir de rien ! J’ai maintenant du mal à incarner les scènes les plus simples. » Cette déclaration touche à l’essence du problème, à savoir comment la médiocrité est créée et comment l’art et le théâtre se transforment en une tendance exploitée par certains producteurs et entités impliqués dans l’industrie de la télévision.

L’artiste Abdel Qader Afak a également commenté auprès d’un confrère sur sa page Facebook : « En Algérie, la production dramatique n’est plus un art, mais plutôt une vente aux enchères menée par des « vendeurs à la minute ». Pour ces marchands, le sens ou l’émotion n’ont aucune valeur ; ce qui compte, c’est le temps de diffusion, qui est suffisant pour diffuser des publicités pour des lessives ou des pâtisseries. Il donne un exemple vraiment effrayant de la crise de la situation : « Imaginez la violence de la scène, lorsque l’acteur tente d’extraire une vérité humaine d’un visage Instagram. Un visage qui ne connaît d’autre expression que l’éclat d’un filtre numérique. C’est une insulte à la profession. »

Ces problèmes doivent être étudiés, et si les autorités concernées veulent vraiment cette fois changer le statu quo imposé par toutes ces accumulations, il faut mettre un terme à cette absurdité et réétudier la publicité et la production télévisées, afin de mettre fin à l’absurdité et permettre aux techniciens, réalisateurs et producteurs d’imposer la compétence au lieu de la médiocrité. Peut-être que les discours et discours attendus n’apporteront rien car le travail de terrain seul changera les choses, en attendant ce que produira la saison du Ramadan cette année.

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Écrit par : A. Le critique Islam Khunish

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