
La salle de l’opéra d’Alger s’est transformée en un espace vibrant d’émotions, où le public a écouté avec révérence et émerveillement le son du oud et du souvenir, et le chant qui ne vieillit jamais. La rencontre avec Marcel Khalife n’a pas eu lieu comme un chanteur sur scène, mais comme une expérience vivante et un projet culturel intégré qui transcende le temps et ne compromet pas le sens.
Son fils l’accompagnait au piano, joueur de fretto dans le vrai sens du terme. L’artiste tisse avec douceur et profondeur un dialogue musical avec le oud et la voix, ainsi la soirée apparaît comme une rencontre de générations au sein d’une même famille, et de la grande famille arabe.
De sa voix chaleureuse, calme et révolutionnaire, Khalifa a chanté les poèmes de Mahmoud Darwish qui font désormais partie de la mémoire collective : « Ma mère », « Rita et le pistolet », « Passeport » et « Et bonne nuit pour une patrie ». Ce sont des chansons que le public non seulement entend, mais répète par cœur, comme s’il s’agissait d’une prière collective ou d’un hymne à une mémoire inextinguible. Deux heures d’applaudissements et de hululements, au cours desquelles le public n’a pas été spectateur, mais partenaire du chant et de la situation.
Marcel Khalife est né en 1950 dans le village d’Amchit, au Liban, et depuis les années 1970, son nom est associé à la chanson qui mêle la musique arabe authentique aux préoccupations humaines et politiques arabes, faisant du oud un outil d’expression central et de la simple mélodie un acte esthétique intentionnel. Il a travaillé sur la poésie moderne, dirigé par la poésie de Darwish, et a transformé le poème en une structure musicale à plusieurs niveaux, où le mot est présenté et le message est préservé, sans manquer d’innovation.
D’après son expérience, il n’y a pas de rupture avec l’héritage ni d’abandon à l’état de préparation : un renouveau dans la structure de la chanson arabe.
Un savant mélange de maqams arabes et d’arrangements modernes, et une utilisation consciente de la musique comme sublime résistance culturelle.
Ce soir-là, il ajoute à sa voix, son oud, contrebasse et piano, élargissant l’espace auditif sans perdre en clarté ni en sincérité.
Marcel Khalife n’est pas un « artiste célèbre » au sens consommateur du terme, mais plutôt un artiste confirmé. Il voit la chanson comme un espace esthétique complexe, alliant poésie, statut et protestation silencieuse. Sa présence constante dans les questions humanitaires, notamment la question palestinienne, a fait de son art une conscience musicale vivante, restaurant la dignité humaine et résistant à la laideur avec sens.
L’Algérie occupe une place particulière dans sa carrière. Une relation ancienne depuis les années soixante-dix et quatre-vingt, où le public de « l’Art engagé » restait présent à ses concerts, comme si la mémoire partagée trouvait son miroir dans sa voix. Ce soir, cela s’est avéré : un public dense, diversifié et enthousiaste est venu non seulement pour écouter, mais pour confirmer que cet art est toujours nécessaire.
Marcel Khalife, en fin de compte, est la voix qui nous a appris qu’une chanson peut être une pensée, qu’une mélodie peut être une attitude et que la beauté combinée à l’honnêteté devient une forme de résistance.
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