
L’Algérie se distingue comme l’un des acteurs arabes les plus importants en matière de réserves d’or, non seulement en termes de taille, mais aussi en termes de poids réel de cette balance et de ses implications économiques et stratégiques. À la lumière des transformations en cours dans le système monétaire mondial et du retour de l’or au premier plan comme outil de couverture face à l’inflation, aux fluctuations des taux de change et aux risques géopolitiques croissants, les réserves des banques centrales acquièrent une dimension qui va au-delà des calculs techniques pour atteindre les paris souverains à long terme.
Dans ce contexte, l’Algérie occupe une position avancée dans le monde arabe en termes de taille de ses réserves d’or, ce qui reflète une option monétaire conservatrice basée sur l’accumulation et la stabilité plutôt qu’une réponse circonstanciée aux crises. Cette tendance a donné à l’économie algérienne un élément de sécurité supplémentaire, notamment au vu de sa dépendance aux revenus pétroliers et de son impact sur les cycles du marché mondial. Les réserves d’or renforcent également la marge de manœuvre financière du pays et constituent l’un des piliers de confiance dans sa capacité à faire face aux chocs extérieurs, même dans les scénarios internationaux les plus complexes.
Selon les données du Conseil mondial de l’or, l’Algérie se classe au deuxième rang du monde arabe en termes de réserves d’or, avec une estimation de 173,6 tonnes, soit l’équivalent d’environ 27,9 milliards de dollars selon les prix actuels. Ce chiffre place l’Algérie juste après l’Arabie Saoudite avec 321,1 tonnes, et devant les grands pays pétroliers comme l’Irak avec 170,9 tonnes et la Libye avec 146,7 tonnes, ce qui est un arrangement indissociable de l’histoire de la politique monétaire algérienne et de ses choix conservateurs.
Contrairement à certains pays qui ont récemment eu recours à l’or en réponse circonstancielle aux crises, les réserves algériennes reflètent une tendance à long terme. La Banque centrale d’Algérie a maintenu un niveau d’or semi-stable pendant des décennies, sans recourir à des ventes généralisées en période de crise et sans se précipiter vers des achats intensifs. Cette approche « calme » a épargné à l’Algérie des pertes stratégiques et a fait de l’or un outil d’équilibrage au sein de ses réserves de change.
Plus importante que le chiffre lui-même est sa fonction : l’or dans le cas algérien n’est pas un moyen de spéculation, mais plutôt une soupape de sécurité souveraine. Dans une économie qui dépend largement des revenus pétroliers, l’or constitue une protection contre les fluctuations des prix de l’énergie et contre les pressions extérieures sur la monnaie et les réserves monétaires.
Lorsqu’on compare l’Algérie à des pays comme le Maroc avec 22,1 tonnes ou la Tunisie avec 6,8 tonnes, la différence de philosophie monétaire devient évidente, car ces pays s’appuient davantage sur les devises étrangères et les emprunts extérieurs, alors que l’Algérie a historiquement parié sur la réduction de la dette et le renforcement des actifs réels, notamment l’or.
Même comparé aux pays du Golfe, le paradoxe semble clair : les Émirats arabes unis, malgré leur poids financier, ne dépassent pas 74,3 tonnes de réserves, et le Qatar 115,2 tonnes, ce qui reflète une différence dans la structure de l’économie et des options, puisque les pays du Golfe misent sur les fonds souverains et les investissements étrangers, tandis que l’Algérie mise sur l’immunisation monétaire interne.
La possession par l’Algérie d’une telle réserve d’or lui confère une marge de manœuvre dans un contexte international qui évolue vers une politisation des monnaies et des réserves, comme l’ont démontré les cas de gel des avoirs souverains de certains pays. L’or, contrairement au dollar ou à l’euro, est un actif physique qui n’est pas directement soumis aux décisions politiques extérieures, ce qui renforce le concept de souveraineté monétaire.
Cette réserve donne également une crédibilité supplémentaire au dinar algérien, même si elle n’est pas directement convertie sur le marché des changes, car la confiance dans la monnaie ne se construit pas seulement sur le taux de change, mais aussi sur la capacité de l’État à remplir ses obligations dans les pires scénarios.
Ces données prennent une dimension supplémentaire à la lumière des développements récents sur les marchés mondiaux de l’or, le métal jaune ayant enregistré un niveau historique sans précédent après avoir dépassé pour la première fois la barrière des 5 200 dollars l’once, les contrats à terme sur la Bourse COMEX de New York s’élevant à environ 5 254 dollars l’once. Cette trajectoire ascendante, qui intervient après avoir battu des niveaux records successifs, reflète un fort retour de l’or comme valeur refuge dans un environnement international caractérisé par des risques élevés et une incertitude monétaire.
Dans ce contexte, la réserve d’or algérienne s’impose comme un actif stratégique dont la valeur augmente avec le temps, non seulement en termes de prix, mais aussi en termes de rôle préventif qu’elle joue dans la fortification de l’économie nationale. Chaque hausse record du prix de l’or renforce le poids de cet équilibre dans l’équilibre du pouvoir financier de l’État et confirme que l’option de conserver l’or n’était pas une décision comptable temporaire, mais plutôt un investissement souverain à long terme dans une période de troubles mondiaux.
Malgré l’importance de ce facteur, l’or n’est pas une solution magique. Le véritable défi de l’Algérie réside dans la conversion de cette sécurité monétaire en un levier économique en diversifiant les exportations, en renforçant la base industrielle et en réduisant la dépendance structurelle aux carburants. L’or fait gagner du temps, mais il ne crée pas de croissance.
En conclusion, on peut dire que la réserve d’or algérienne apparaît comme l’un des atouts du pouvoir silencieux. C’est un atout qui n’est pas consommé dans le discours politique, mais qui est fortement présent dans les calculs stratégiques. Pendant des années, le pays a choisi la voie du conservatisme plutôt que de l’aventure. Aujourd’hui, elle se trouve dans une position avancée dans le monde arabe, grâce à une décision simple en apparence, mais profonde dans son impact.
Fahima. pour
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