
Environ une semaine après que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’ait invité, le président du Niger, le général Abderrahmani Tiani, a atterri hier en Algérie pour une visite qui intervient après trois années pleines d’apathie politique et diplomatique, notamment depuis le coup d’État contre le président nigérien Mohamed Bazoum et un an après la crise chaude qui a suivi l’abattage par l’Armée nationale populaire d’un drone appartenant à l’armée malienne, fin mars dernier.
Les experts politiques et les analystes s’accordent sur le fait que la visite, même si elle a pris un caractère technique et sectoriel, porte néanmoins dans son contenu des messages diplomatiques et politiques clairs selon lesquels la situation que connaît la région du Sahel depuis plus d’une décennie impose une zone de coopération stratégique entre les pays de la région au service de la stabilité régionale. Dr Abdelhak Ben Saadi, professeur à la Faculté des sciences politiques et des relations internationales, déclare : « Cette visite vient mettre fin à la rupture provoquée par les tensions politiques, mais aujourd’hui tous les indicateurs pointent vers… un redressement de la situation et un retour à ce qui était avant la crise d’avril dernier ».
La Présidence de la République a annoncé, avant-hier, que « le président Tiani effectuera une visite qu’elle a qualifiée de « visite fraternelle et de travail » à la tête d’une importante délégation en Algérie, d’une durée de deux jours, estimant qu’elle représente une opportunité pour aborder les questions politiques liées au continent africain en général, et au voisinage de la côte saharienne en particulier, et vise « à renforcer les liens de fraternité, de coopération et de bon voisinage entre les deux pays frères, dans le cadre d’une nouvelle dynamique pour une meilleure exploitation de leurs capacités et potentiels, au bénéfice des deux peuples algériens. Et nigérian« .
De nombreux dossiers seront présents et fortement dans les débats, notamment : l’énergie et la coopération existante autour du projet qui relie 3 pays (Algérie, Niger, Nigeria), représenté par le projet de gazoduc transsaharien. Tous ces dossiers ont été soumis à une première discussion lors de la visite réussie du ministre des hydrocarbures et des mines, Mohamed Arkab, à Niamey. L’un des fruits économiques les plus marquants de la visite est la reprise des activités de Sonatrach sur les territoires nigérians, notamment sur le marché des hydrocarbures, où elle participera au domaine de la recherche. Et l’exploration au nord du Niger à travers sa filiale.
Outre les questions liées à l’aspect humanitaire, Dr Abdelhak Ben Saadi affirme : « Le Niger souffre de multiples crises dues aux faibles indicateurs de développement humain et à l’insécurité. On peut donc dire que le champ sera ouvert pour promouvoir la coopération, d’autant plus que l’Algérie recherche les marchés africains pour canaliser ses exportations et même mettre en œuvre et financer un ensemble de projets de développement dans le cadre d’un programme d’appui fourni par l’Algérie au profit du Niger, dans les secteurs de l’approvisionnement en eau potable, voire des centres de formation professionnelle et d’éducation ». Comme la construction d’écoles et de centres de formation, ainsi que la construction de centres de santé pour les villes du nord du Niger.
On s’attend également à ce que le dossier de la sécurité des frontières et de la lutte contre le terrorisme apparaisse comme l’une des questions les plus importantes qui seront abordées lors de la visite de Tiani en Algérie, surtout à la lumière de l’activité croissante d’« Al-Qaïda au Maghreb » et des organisations armées au Sahel et aux frontières, d’autant plus que cette visite intervient au lendemain de l’attaque de l’aéroport de Niamey il y a environ une semaine par l’Etat islamique. L’orateur confirme qu’« au plus fort de la crise, l’Algérie a exprimé sa volonté d’apporter un coup de main au Niger ». Le principal facteur sur lequel s’appuie cette visite est que le chef de l’Etat nigérian a exprimé sa disposition à promouvoir cette coopération comme une réponse à la main tendue à l’Algérie, qui mise sur la stabilité de son voisinage à l’abri de toute ingérence étrangère.
On peut dire, selon l’analyste politique, que « cette visite intervient après que les deux parties ont été convaincues de renforcer les liens de fraternité, de coopération et de bon voisinage entre les deux pays frères dans le cadre d’une nouvelle dynamique visant à mieux exploiter leurs capacités et leurs capacités et à combler les lacunes de l’ingérence étrangère dans la région ».
En revanche, la visite revêt une grande importance économique. L’analyste économique Abdel Samad Saoudi a déclaré dans une déclaration à « Nouvelle Algérie » que « la prochaine visite est très importante pour l’Algérie pour plusieurs considérations et facteurs, dont le plus important est l’augmentation de ses exportations vers l’intérieur de l’Afrique et le renforcement de sa présence dans la zone de libre-échange continentale ». Le porte-parole souligne que « le Niger est considéré comme le refuge de l’Algérie vers l’intérieur de l’Afrique ».
L’autre dossier important est le projet de gazoduc transsaharien, un gazoduc stratégique reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger sur une longueur totale supérieure à 4 000 km pour acheminer le gaz vers l’Europe. Il vise à transporter 30 milliards de mètres cubes par an, pour un coût estimé entre 10 et 13 milliards de dollars. Selon le porte-parole, il est probable que « la visite débouchera sur des accords et protocoles particuliers afin de concrétiser ce projet considéré comme une artère majeure pour soutenir le développement et briser l’isolement des pays sahariens et semi-sahariens, dont le Niger ». Il souligne que l’accent sera mis sur l’aspect sécuritaire pour sécuriser cette ligne, d’autant plus que les pays du Mali, du Niger et du Burkina Faso sont considérés comme les pays les plus touchés par le terrorisme, car les groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda sont répartis à travers eux.
Pour sa part, Dr Bouhania Qawi, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l’Université Kasdi-Merbah Ouargla, affirme que « les relations algéro-nigériennes s’étendent sur des décennies de coopération et de solidarité historique, et le mouvement diplomatique dont témoignent les relations entre les deux pays reflète une volonté politique claire de renforcer le dialogue et de réactiver le partenariat entre eux ». L’orateur estime que « la coopération en matière de sécurité protège les frontières et empêche l’exploitation des tensions au profit de parties régionales hostiles ». Dans ce contexte, l’orateur fait référence à des « expériences ». Auparavant, la coordination nigéro-algérienne a contribué à surveiller plus de 950 km de frontière commune, à échanger des informations de renseignement et à contrecarrer les tentatives des groupes armés transfrontaliers, bloquant les ouvertures aux partis régionaux qui tentaient d’encercler l’Algérie par son côté sud, et le rôle de l’Armée nationale populaire est ici mis en avant (Armée nationale populaire, ANP) et le siège social Groupe d’opérations rejoint À Tamanrasset, qui comprend des équipes spécialisées pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière et renforce la coopération militaire entre l’Algérie et les pays africains frères.
Fouad Q.
#visite #Président #Niger #Algérie #importance #politique #économique








