Economie

Suleiman Nasser : L’exploitation des richesses souterraines est une opportunité pour construire une véritable industrie nationale en dehors de la logique de la rente

oussama

À la lumière des transformations qu’a connues l’économie algérienne ces dernières années et du retour de la question de l’exploitation des ressources souterraines au premier plan du débat public, les récentes déclarations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sur l’accélération du lancement des grands projets miniers, ont relancé le débat sur la manière d’employer ces ressources naturelles et sur les limites de leur capacité à sortir le pays de la logique de rente qui caractérise sa structure économique depuis des décennies, entre le lancement de projets stratégiques comme le La mine de Gara Jbeilat, le projet de plomb et de zinc d’Oued Amizour et l’expansion du réseau minier ferroviaire. Certains y voient des signes d’un changement de modèle économique, tandis que d’autres alertent sur les dangers de reproduire les mêmes déséquilibres à travers l’exportation de matières premières. Dans ce contexte, experts et spécialistes présentent des lectures analytiques qui appellent à dépasser l’approche rentière et à lier la richesse minière à la construction d’une véritable industrie nationale capable de créer de la valeur ajoutée et de faire tourner la roue de l’économie.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a confirmé hier soir lors de son entretien régulier avec la presse nationale que le projet de mine de plomb et de zinc à Oued Amizur dans l’Etat de Béjaia sera lancé avant la fin du premier trimestre de l’année 2026, avec le démarrage des travaux de forage fin mars, après avoir finalisé l’aménagement de la propriété et l’approbation des riverains. Il a également souligné l’importance stratégique de la mine de Gara Jbeilat, qui permettra de réduire les importations de minerai de fer et d’économiser environ 1,5 milliard de dollars par an, avec l’arrêt définitif des importations d’ici trois ans et la création de 18 mille. Il a souligné la poursuite de l’achèvement des lignes minières et l’expansion du réseau ferroviaire vers l’est et le sud, de manière à favoriser le développement économique et social.

A cet égard, l’expert économique Suleiman Nasser a déclaré que la possession par l’Algérie d’immenses ressources souterraines, notamment le fer, le phosphate, l’or et le zinc, est considérée comme une opportunité historique, mais que le bénéfice réel en découle dépend de la bonne exploitation et de l’orientation vers le développement et l’industrie, et pas seulement de l’exportation sous sa forme brute.

Dans un message publié sur sa page officielle de la plateforme « Facebook », Nasser a salué le lancement de l’exploitation de la mine de Gara Jbeilat et du chemin de fer qui la relie au nord-ouest, considérant qu’il s’agit « d’un projet au cœur du patriotisme », soulignant dans le même contexte d’autres projets similaires, comme la mine de phosphate de Tébessa et la liaison ferroviaire entre Hadba et Annaba, en plus de la mine de zinc et de plomb dans la vallée de l’Amizour à Béjaia, et les mines d’or. à Tamanrasset.

L’économiste a expliqué que l’évaluation de ces projets ne doit pas être réduite au rendement financier direct, car la logique de l’État diffère de la logique de l’institution économique, car les rendements réels – selon lui – incluent le développement régional, la création d’emplois et le mouvement du cycle économique.

Cependant, Nasser a souligné, d’autre part, que la rationalité de l’exploitation nécessite de mettre ces richesses au service du secteur industriel, mettant en garde contre le piège de l’exportation de matières premières, car cela comporte le danger de reproduire la culture du rentierisme. Dans ce contexte, il a souligné l’importance d’orienter le minerai de fer – après son raffinage – pour alimenter les usines sidérurgiques nationales, comme le complexe El Hajjar à Annaba, le complexe Ballara à Jijel, le complexe Tosyali à Oran, et même des industries d’avenir comme la carrosserie automobile.

Il a également appelé à l’adoption du phosphate comme matière première pour l’industrie manufacturière, notamment dans le cadre de l’Usine algéro-omanaise d’engrais à Oran, avec la possibilité d’implanter des usines supplémentaires et d’exporter des engrais à la place des matières premières, estimant que la même logique s’applique au zinc et au plomb.

Suleiman Nasser a souligné que l’exportation de ressources naturelles sans conversion industrielle « ne libérera pas l’économie nationale des rentes, mais signifiera simplement remplacer les rentes par de nouvelles rentes », appelant à tirer les leçons des expériences des pays qui ne disposent pas de ressources naturelles, mais qui ont réalisé des bonds économiques grâce à l’investissement dans les personnes et dans la connaissance.

M

L’économiste a ajouté son message en soulignant que les ressources naturelles, quelle que soit leur valeur, perdent leur impact si elles ne sont pas transformées en valeur ajoutée, en connaissances et en production réelle, considérant que le pari du XXIe siècle n’est plus lié aux ressources que possèdent les pays, mais plutôt aux esprits et aux compétences qu’ils construisent.

Suleiman Nasser conclut, à travers cette proposition, que le véritable enjeu ne réside pas dans la possession des richesses souterraines en soi, mais plutôt dans la manière de les intégrer dans une vision industrielle intégrée. Aujourd’hui, les pays ne se mesurent pas à la taille de ce qu’ils stockent dans le sol, mais plutôt à leur capacité à transformer les ressources en connaissances, les matières premières en produits et les investissements en opportunités d’emploi et en développement durable. De ce point de vue, exploiter le fer, le phosphate, le zinc ou l’or en dehors des logiques manufacturières et de transformation ne fera que conduire à la reproduction d’une économie fragile, soumise aux fluctuations des marchés mondiaux. Quant à transformer ces richesses en levier pour l’industrie nationale, il suffit de sortir l’économie algérienne du cycle du rentierisme et de la remettre sur la voie de la production. Réel, où les ressources naturelles deviennent un moyen de construire l’humanité, de localiser la technologie et de renforcer la souveraineté économique, et non une fin en soi.

Fahima. pour

#Suleiman #Nasser #Lexploitation #des #richesses #souterraines #est #une #opportunité #pour #construire #une #véritable #industrie #nationale #dehors #logique #rente

M
M

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

يجي اقاف حظر إعلانك

يجي اقاف حظر إعلانك وشكرا