
Le complexe sidérurgique d’Al-Hajjar apparaît une fois de plus comme l’un des dossiers stratégiques qui reflète la transition de l’État de la logique de sauvetage des institutions en difficulté à l’option d’une reconstruction industrielle à long terme. Après des années de gestion axée sur la résolution des déséquilibres financiers et techniques, le complexe entre dans une nouvelle phase charnière dans laquelle les pouvoirs publics parient sur la restauration de son rôle historique de locomotive de l’industrie manufacturière nationale. Le projet d’augmenter la capacité de production à 3 millions de tonnes par an, soutenu par un partenariat étranger attendu et une profonde restructuration technique et financière, s’inscrit dans un contexte plus large qui cherche à renforcer la souveraineté industrielle et à réduire la dépendance à l’égard de l’extérieur. Cette transformation n’est pas lue uniquement du point de vue des chiffres, mais plutôt comme une option stratégique pour repositionner les pierres au sein de la carte industrielle nationale. En intégrant la technologie moderne, en valorisant les ressources minières locales et en construisant un modèle de production plus compétitif et durable, capable de répondre à la demande interne et d’accéder aux marchés d’exportation.
À cet égard, l’expert économique Houari Tigresi a déclaré que l’entrée du complexe sidérurgique de Haggar dans une nouvelle phase avec une capacité de production ciblée de 3 millions de tonnes par an représente un changement qualitatif dans l’approche de l’État envers le secteur de l’industrie lourde, et une transition claire de la logique de « sauvetage des institutions en difficulté » à la logique de reconstruction industrielle durable.
Tigresi a expliqué, dans une déclaration à « Nouvelle Algérie », que « le pari aujourd’hui sur la pierre ne se réduit pas à augmenter le chiffre de la production, mais plutôt à redéfinir son rôle au sein du système économique national, comme levier de sécurité industrielle et de réduction de la dépendance aux importations, en particulier dans les domaines stratégiques comme le logement, les travaux publics et l’industrie manufacturière ».
Il a souligné que le futur partenariat étranger reflète un changement important dans la philosophie de la coopération industrielle, affirmant : « L’Algérie ne recherche plus un partenaire pour gérer les crises ou pomper des liquidités temporaires, mais plutôt un partenaire capable de transférer des technologies, d’améliorer la gouvernance industrielle et d’augmenter les rendements énergétiques et environnementaux. Le succès de ce partenariat ne se mesurera pas seulement par le volume des investissements, mais plutôt par sa capacité à intégrer l’expérience internationale avec les compétences nationales et à construire un modèle de gestion stable et durable ».
L’économiste a souligné qu’atteindre une capacité de production de 3 millions de tonnes par an aura des effets économiques directs, dont le plus important est la réduction de la facture des importations de fer et d’acier en devises fortes, l’amélioration de la compétitivité des industries locales liées à la construction et à l’industrie mécanique, en plus de créer des emplois directs et indirects à travers les chaînes de manutention et les services logistiques.
Tigresi a souligné que l’importance du complexe d’El-Hajar va au-delà de son unité de production, expliquant qu’« El-Hajar constitue aujourd’hui un lien entre l’attraction des investissements industriels et la valorisation des ressources minières nationales, notamment à la lumière du projet géant de Ghar Jbeilat ». Il a ajouté que le lien entre la mine, le transport ferroviaire et la transformation industrielle à El-Hajar « pose les premières bases pour la création d’un pôle sidérurgique national intégré, qui augmente la valeur ajoutée localement au lieu d’exporter le minerai, et donne à l’Algérie une position compétitive régionale ».
Le porte-parole estime que cette intégration rendrait l’Algérie plus attractive pour les investissements industriels lourds et moyens, et créerait un système industriel intégré comprenant les industries de manutention, de logistique et de fabrication, tout en ouvrant des perspectives d’exportation vers les marchés africains et européens à moyen terme.
Cependant, l’expert a mis en garde contre le fait de se limiter à la dimension d’investissement sans aborder les conditions de durabilité, soulignant que « le vrai pari reste d’assurer un financement stable, de contrôler les coûts de l’énergie et du transport, de stabiliser la gestion et de relier réellement le complexe aux chaînes de valeur nationales ». Il a également souligné l’importance d’une gouvernance transparente et d’une réelle motivation de l’investisseur industriel, afin que le projet ne se transforme pas en une nouvelle charge financière.
Houari Tigresi a ajouté : « Aujourd’hui, Al-Hajar n’est pas seulement une usine historique en train de ressusciter, mais plutôt un test pratique de la capacité de l’Algérie à transformer la volonté politique en une force productive compétitive. Son succès signifie que l’option de la souveraineté industrielle est devenue une voie réaliste, pas seulement un slogan. »
Il convient de noter que le projet repose, selon les données officielles, sur un partenariat industriel étranger prospectif, qui vise à introduire des technologies modernes et à améliorer les modèles de gestion, permettant une augmentation de l’efficacité énergétique et environnementale et une réduction des coûts de production. On espère que l’atteinte de ce niveau de production lui permettra de couvrir une part importante de la demande nationale de produits sidérurgiques.
En chiffres, l’Algérie importe entre 1,5 et 2 millions de tonnes de fer et d’acier par an, ce qui coûte au trésor public des centaines de millions de dollars en devises fortes. Par conséquent, l’exploitation de carrières d’une capacité de 3 millions de tonnes par an réduirait considérablement ces importations, avec un soutien direct aux secteurs du logement, des travaux publics et de l’industrie manufacturière.
Le projet de relance du complexe repose sur la valorisation des ressources minières nationales, notamment les minerais de fer en provenance de Tébessa, dans le but de les renforcer à l’avenir avec le minerai de Ghar Jbeilat, dont les réserves sont estimées à plus de 3,5 milliards de tonnes. Cette connexion minière-industrielle, soutenue par des projets de transport ferroviaire, jette les bases d’un pôle national intégré pour l’industrie sidérurgique.
Au niveau opérationnel, le complexe devrait contribuer au maintien de milliers d’emplois directs, en plus de créer des emplois indirects grâce aux réseaux de manutention, de transport et de logistique. Le projet ouvre également des horizons pour orienter une partie de la production vers l’exportation, notamment vers les marchés africains et du sud de l’Europe. Fahima. pour
#Tigresi #Porter #production #complexe #dAlHajjar #millions #tonnes #est #véritable #test #suprématie #industrielle








